Une victoire «historique» : la Norvège repousse de 4 ans l’exploitation de ses fonds marins

Encore quatre années de répit pour les abysses arctiques. La Norvège, premier pays d’Europe à avoir autorisé l’exploration minière de ses fonds marins, a de nouveau repoussé l’attribution de premières licences. Ce report a été obtenu dans la nuit du 2 au 3 décembre, au terme d’intenses négociations entre le gouvernement travailliste (qui ne dispose pas de la majorité au Parlement) et ses alliés de gauche (le Parti socialiste, le Parti vert, le Parti rouge et le Parti du centre).

En échange du soutien de ces derniers au budget 2026 du pays, qui doit être examiné le 5 décembre, le gouvernement travailliste a accepté de ne « pas lancer le premier appel d’offres pour l’exploitation des minerais des fonds marins au cours de la présente législature », qui court jusqu’en 2029. L’année dernière, déjà, le Parti socialiste avait réussi à convaincre le gouvernement de repousser la délivrance de permis de prospection minière, en échange de son soutien au budget 2025.

« Les responsables politiques norvégiens ont décidé d’écouter les experts scientifiques » 

Dans un communiqué, la présidente de WWF Norvège, Karoline Andaur, a salué une victoire « historique » : « Les responsables politiques norvégiens ont décidé d’écouter les experts scientifiques et la forte demande publique visant à protéger l’environnement vulnérable des grands fonds marins, plutôt que de se laisser influencer par le lobby minier », a-t-elle déclaré.

En janvier 2024, le Parlement norvégien avait autorisé l’exploration minière d’une partie de son plateau continental, ouvrant la voie, à terme, à son exploitation industrielle. Selon une estimation du directoire du pétrole norvégien, cette zone contiendrait 45 millions de tonnes de zinc, 38 millions de tonnes de cuivre et une myriade d’autres métaux et terres rares.

Une vaste campagne de mobilisation, soutenue par des artistes, des sportifs et des activistes internationaux, s’est depuis constituée, dans l’espoir de faire renoncer le gouvernement norvégien à ces projets. Moins connu des scientifiques que la Lune, le fond des océans abrite des milliers d’espèces uniques, qui pourraient être profondément et durablement affectées par les activités minières, alertent les scientifiques. Le « deep-sea mining » pourrait également perturber le puits de carbone océanique, en relâchant dans l’atmosphère une partie du carbone séquestré dans les profondeurs depuis des millions d’années.

Publié le 03/12/25

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