L’Espagne met fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël

Les relations entre l’Espagne et Israël vers un point de rupture ? Le gouvernement socialiste mené par Pedro Sánchez a obtenu mardi la cessation des fonctions de son ambassadrice à Tel-Aviv.

« Sur proposition du ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, et après délibération du Conseil des ministres lors de sa réunion du 10 mars 2026, par la présente, j’ordonne la révocation de Mme Ana María Sálomon Pérez de ses fonctions d’ambassadrice d’Espagne auprès de l’État d’Israël, la remerciant pour les services rendus », indique un décret signé du roi Felipe VI, publié au Journal officiel.

Selon l’agence Reuters, il s’agit d’un retrait diplomatique définitif. En septembre 2025, Madrid avait déjà rappelé sa diplomate. Cette décision temporaire faisait suite à des échanges houleux avec Israël, après l’annonce par le gouvernement espagnol de nouvelles mesures visant à « mettre un terme au génocide à Gaza ».

Si le gouvernement espagnol choisissait d’être de nouveau représenté en Israël, il devrait dans un premier temps nommer un nouveau diplomate à ce poste. Ce dernier aurait alors à présenter ses lettres de créance aux autorités de l’État hébreu.

Israël, de son côté, n’a plus d’ambassadeur en Espagne depuis la reconnaissance de l’État de Palestine par le gouvernement espagnol en 2024.


Pedro Sánchez, une des voix les plus critiques d’Europe

Pedro Sánchez est l’une des voix européennes les plus critiques envers le gouvernement de Benyamin Netanyahou depuis les représailles menées contre la bande de Gaza en réponse à l’attaque du Hamas sur le territoire israélien, le 7 octobre 2023.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déjà qualifié Pedro Sánchez d’« antisémite » et de « menteur », après que le Premier ministre espagnol a exprimé son « admiration » pour les manifestants propalestiniens qui ont perturbé la Vuelta cycliste en Espagne.

Le ministère de l’Intérieur espagnol a décidé en avril dernier de résilier un contrat d’achat de munitions à une entreprise israélienne, en partie sous la pression de la formation d’extrême gauche Sumar, partenaire gouvernemental des socialistes. Et mi-septembre, Madrid a annulé un contrat de près de 700 millions d’euros pour des lance-roquettes de conception israélienne, dans la foulée de l’embargo sur les contrats d’armement avec Israël.

Après avoir été en première ligne en Europe face à la politique d’Israël à Gaza, l’Espagne a récemment fait réentendre sa voix et a condamné sans nuance les frappes américaines et israéliennes en Iran. Le gouvernement Sánchez est allé plus loin en refusant aux États-Unis l’accès à ses deux bases militaires en Andalousie. Selon Madrid, « l’intervention militaire américaine est non justifiée, dangereuse et non conforme à la Charte des Nations unies ».

Par Le Parisien avec AFP (publié le 11/03/26)

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