Depuis un quart de siècle, la police ne traque plus les fumeurs de joints dans les rues portugaises. Pas plus que les autres consommateurs de drogues, d’ailleurs. Si elle en surprend un et qu’elle décide d’intervenir, ce n’est pas pour le confier au ministère de la Justice, mais à celui de la Santé via un «Comité de dissuasion», où officient des assistants sociaux. Car au Portugal, non seulement les toxicomanes ne sont pas chassés par la police mais ils sont pris en charge par des services sanitaires payés par le denier public. Le Service d’intervention des comportements addictifs et de dépendance (Sicad) réalise un suivi personnalisé de chaque «patient» et de sa consommation. Cannabis, mais aussi cocaïne, héroïne, etc.
«Pas une question de droite ou de gauche»
Depuis 2001, les Portugais se sont accoutumés à cette révolution des mentalités, qui rend leur pays unique en son genre. Présentée par le scientifique et député socialiste Alexandre Quintanilha, la loi qui a tout changé fut adoptée à l’unanimité de l’Assemblée de la République (le Parlement portugais) : le pays décidait de dépénaliser – sans pour autant légaliser – l’acquisition, la possession et la consommation de toutes les drogues, même dures, dans la mesure où elles sont destinées à un usage personnel…
Par François Musseau (publié le 17/06/26)